Lauréat 2014 des Trophées de la recherche en éthique

Eric Fourneret

Eric Fourneret est docteur en philosophie et post-doctorant au Centre d’analyse et d’intervention sociologiques (CADIS – UMR 8039, CNRS), à l’École des Hautes Études en sciences sociales (EHESS). Après une thèse sur l’euthanasie, à l’université d’Amiens, sous la direction du Professeur Sandra Laugier et la co-direction du Professeur Alain Leplège, il poursuit ses recherches et ses réflexions sur les questions morales en matière de santé : « Les oncologues à l’épreuve du dilemme moral : quels outils possèdent-ils ? » (Espace Santé Cancer Rhône-Alpes, Lyon) ; « Les arrêts de traitement dans le cadre d’un prélèvement d’organes » (recherche soutenue par l’Agence de la biomédecine, Paris).

Depuis février 2012, il participe à la recherche « Annonce d’une pathologie cancéreuse à un adolescent ou à un jeune adulte et leurs parents ». Cette recherche s’inscrit dans les Sites intégrés de recherche sur le cancer (SIRIC), soutenus par l’INCa et la DGOS. Ses recherches l’ont conduit également à participer, en tant que membre, à la commission présidentielle sur la fin de vie, sous la responsabilité du Professeur Didier Sicard (2012), et à la Chaire « Éthique et sport » (International Center for Sport Security – ICSS),  de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (2012-2014).

Résumé de ses travaux

Peut-on prélever les organes d’une personne en fin de vie après avoir décidé d’arrêter ses traitements ? Les donneurs décédés après un arrêt cardiaque constituent, depuis la réunion de Maastricht de 1995, une source d’organes réactualisée pour répondre au besoin croissant de demandes de greffe. Si certains pays les ont autorisés, la catégorie dite « Maastricht 3 » suscite un questionnement éthique majeur. En effet, ces donneurs pour lesquels un arrêt des thérapeutiques actives fut décidé interrogent par le contrôle de l’arrêt cardiaque, mais aussi par la reprise d’un massage cardiaque, selon les protocoles, intervenant deux minutes ou dix minutes après la cessation des battements du cœur et la déclaration du décès. Certains ont qualifié ce type de prélèvement de « cannibalisme », indignés par cette optimisation de la conservation des organes. Ces donneurs sont-ils réellement morts ? N’existe-t-il pas un conflit d’intérêt entre le malade-donneur et la personne en attente d’une greffe ? Si la France pratique les prélèvements après un arrêt cardiaque inopiné (depuis 2005), tel un infarctus survenu sur la voie publique, elle n’a pas pour l’instant autorisé le Maastricht 3. Mais la référence à la pénurie d’organes dans le discours politique et sociale se fait de plus en plus pressante. En France, sommes-nous prêts pour inclure les malades en fin de vie, les personnes cérébrolésées, celles en état végétatif chronique et bien d’autres encore, dans une procédure de prélèvement Maastricht 3 ? En situant le débat dans la relation complexe entre l’homme et la technique médicale, puis par l’exploration des discours narratifs et argumentatifs de professionnels de santé français impliqués dans les prélèvements à partir de donneurs après un arrêt cardiaque inopiné, enfin par le recours aux théories morales pour mieux comprendre les différents arguments en présence, cette réflexion a pour objectif d’aider à mieux comprendre les enjeux moraux des arrêts de traitements à propos des greffes.

LE JURY

Composé de personnalités du monde de la recherche, de l’enseignement et des médias, il évalue l’ensemble des ouvrages en éthique reçus et sélectionne les travaux de recherche et d'enseignement en adéquation avec l’esprit, les principes et les objectifs visés par ces Trophées.


Depuis la création des Trophées, ce jury est présidé par le professeur Didier Sicard, président d’honneur du Comité consultatif national d’éthique.

Composition du jury
organisé par sous le Haut Patronage de en partenariat avec